24/11/2007

Il y a quelques années déjà :

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Quand j'étais petite fille la Noël se préparait tout doucement avec comme je vous l'ai déjà expliqué la couronne de l'Avent où l'on allumait chaque dimanche une bougie.  Puis venait la cuisson des biscuits que l'on rangeait soigneusement dans de grandes boîtes en fer.  On n'en recevait pas car ils étaient réservés pour Noël.  Le 23 arrivait enfin et le soir Maman se faufilait sans cesse dans le beau salon dont elle avait soigneusement fermé l'entrée habituelle par un rideau.  Pour moins d'indiscrétions encore,  elle piquait un tas de punaises sur les côtés de celui-ci.  Etant l'aînée, je remarquais bien le manège mais je n'étais pas autorisée à pénétrer dans la pièce.  Maman aidait le "Petit Jésus".  En Allemagne, le Père Noël n'existe pas, c'est l'Enfant Jésus (das Christkindchen) qui gère tout et vient déposer le sapin, les cadeaux.  D'où vient-il ? , par où il passe-t-il on ne le sait pas .. c'est le mystère,  c'est le miracle, c'est la magie de Noël.  Le 24 dès le réveil, tout le manège continue.  On se faufile, on revient, on court encore vite ici, on file encore en ville.  Maman est tellement affairée que j'ai la garde des petits. Puis commence la longue attente.  On doit attendre Papa, qui travaille encore, revienne.  L'impatience monte, on est curieux.  On nous envoie chez les grands-parents qui habitent juste au-dessus.  Ils racontent eux aussi leurs histoires.  L'oncle arrive d'un autre pays.  Ah cet oncle, c'est aussi mon parrain.  Je l'adore.  Il parle fort, il me parle encore comme un bébé ... à sa Gitschen ... Parfois, il faut le laisser tranquille, et d'un livre à la main, il marche sans arrêt et de long en large dans le couloir du haut.  Ce livre est un bréviaire.  Il lit, il est concentré, on ne peut pas le déranger.  On se faufile à côté de lui.   Nous les gosses on va écouter un disque.  Bon Papa nous lit aussi une histoire et Papa qui n'arrive toujours pas.  Maman apparaît bien de temps à autre, énervée : Wo bleibt er denn ?  (Mais où reste-t-il donc).  Nous les enfants, on redescend ... on écoute un autre disque, une autre histoire que l'on connaît par coeur déjà .. mais les petits peut-être pas encore.  Clément et Suzanne se disputent comme d'habitude, eux comme chien et chat.  Christophe lui dans son coin, dans son univers nous prépare un montage de Légo judicieux.  Sylvie elle nous fait sans doute une bêtise.  Mais elle est petite ... elle est pardonnée.  Puis enfin voilà Papa qui le pauvre n'a pas le temps d'ôter son paletot.  L'impatience monte, on le voit à nos yeux, à nos gestes  ... Sylvie est prête à se précipiter ... on la retient attends ... attends .. l'enfant Jésus va faire retentir une clochette et ALORS on pourra entrer.  Et enfin, ENFIN la clochette retentit.  Les punaises du rideau sont miraculeusement envolées.  ET là devant nous, des lumières, des bougies, un sapin qui va jusqu'au plafond, orné de boules d'avant-guerre, de fins fils argentés que l'on nommait "Lametta" et des bougies, beaucoup de vraies bougies.  C'était magique.  C'était un conte de fées.    

12:20 Écrit par Sunshine1955 dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |